{"id":1600,"date":"2016-10-10T15:57:00","date_gmt":"2016-10-10T13:57:00","guid":{"rendered":"https:\/\/le-point-de-capiton.net\/?p=1600"},"modified":"2020-02-10T15:59:34","modified_gmt":"2020-02-10T14:59:34","slug":"intervention-ethique-villejuif-octobre-2016-serge-klopp","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/le-point-de-capiton.net\/index.php\/2016\/10\/10\/intervention-ethique-villejuif-octobre-2016-serge-klopp\/","title":{"rendered":"Intervention Ethique Villejuif Octobre 2016 Serge Klopp"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>L\u2019\u00e9thique&nbsp;: un levier pour r\u00e9inventer une psychiatrie humaine&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En pr\u00e9ambule je voudrais remercier les organisateurs de m\u2019avoir invit\u00e9 et rappeler que vu le temps qui m\u2019est donn\u00e9, je vais forc\u00e9ment appara\u00eetre caricatural dans certains de mes propos qui n\u00e9cessiteraient d\u2019\u00eatre plus explicit\u00e9s et illustr\u00e9s d\u2019exemples, mais nous n\u2019en aurons pas le temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Jamais il n\u2019a \u00e9t\u00e9 autant question d\u2019\u00e9thique qu\u2019aujourd\u2019hui. Et jamais notre soci\u00e9t\u00e9 dans tous ses domaines n\u2019a \u00e9t\u00e9 aussi peu \u00e9thique. Au point que lorsque j\u2019entends parler de mise en place d\u2019un groupe d\u2019\u00e9thique, je me demande quels reculs \u00e9thiques sont en train de se mettre en place.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, le fait que l\u2019on ait institutionnalis\u00e9 les comit\u00e9s \u00e9thiques, cela ne laisse-t-il pas croire que les r\u00e9flexions \u00e9thiques sont r\u00e9serv\u00e9es aux sp\u00e9cialistes, aux experts du Comit\u00e9 Ethique&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Cela ne risque t-il pas paradoxalement d\u2019amener les soignants \u00e0 faire l\u2019\u00e9conomie d\u2019une r\u00e9flexion \u00e9thique personnelle singuli\u00e8re et donc \u00e0 banaliser les pratiques non \u00e9thiques&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le fait que les comit\u00e9s Ethiques soient compos\u00e9s d\u2019un nombre ferm\u00e9 de membres d\u00e9sign\u00e9s cela n\u2019est-il pas en soi une aberration \u00e9thique&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9thique n\u2019exigerait-elle pas plut\u00f4t de faire de ces espaces des forums permanents d\u2019\u00e9changes et de disputes ouverts \u00e0 tous. Dont l\u2019objectif ne serait pas de d\u00e9finir les bonnes pratiques, mais de constamment mettre au travail la r\u00e9flexion et le doute des soignants sur leur propre pratique individuelle et collective, afin de tendre \u00e0 mettre en ad\u00e9quation cette pratique dans les conditions r\u00e9elles o\u00f9 nous nous trouvons avec les valeurs que nous d\u00e9fendons&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Cela me semble d\u2019autant plus indispensable que nous nous trouvons dans un mouvement de la soci\u00e9t\u00e9 qui tend de plus en plus syst\u00e9matiquement \u00e0 la r\u00e9ification, la \u00ab&nbsp;chosification&nbsp;\u00bb, d\u2019une part importante de la population.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9ification, dans le champ de la sant\u00e9 mentale, op\u00e8re particuli\u00e8rement par la concordance de 2 d\u00e9marches qui se renforcent l\u2019une l\u2019autre&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>La d\u00e9marche s\u00e9curitaire<\/li><li>La d\u00e9marche qualit\u00e9<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>A savoir aussi que ces d\u00e9marches se fondent sur le d\u00e9voiement de sens des concepts de s\u00e9curit\u00e9 et de qualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La s\u00e9curit\u00e9 c\u2019est l\u2019absence de sentiment de danger, ce qui permet au sujet de s\u2019engager dans le travail et de prendre des risques.<\/p>\n\n\n\n<p>A contrario, le s\u00e9curitaire est fond\u00e9 sur le pr\u00e9suppos\u00e9 que nous serions tous et constamment en danger et sur le mythe du risque z\u00e9ro. Pour se mettre en \u0153uvre sur la dur\u00e9e il n\u00e9cessite d\u2019entretenir le sentiment de danger. Il est donc antinomique avec la recherche de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La qualit\u00e9 c\u2019est un processus qui vise \u00e0 obtenir un r\u00e9sultat optimum concret dans les conditions concr\u00e8tes singuli\u00e8res o\u00f9 j\u2019op\u00e8re. J\u2019ajouterai que celui qui s\u2019inscrit dans ce processus est en constante recherche d\u2019am\u00e9lioration en voyant comment toujours mieux adapter son action et ses outils dans ces conditions concr\u00e8tes.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, la d\u00e9marche qualit\u00e9 ne s\u2019occupe que de la mise en \u0153uvre formelle de ce qui est qualifi\u00e9 de \u00ab&nbsp;bonnes pratiques&nbsp;\u00bb et qui est formalis\u00e9 par un protocole.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9marche qualit\u00e9 ne vise pas \u00e0 m\u2019amener \u00e0 rechercher un r\u00e9sultat optimum dans les conditions concr\u00e8tes o\u00f9 j\u2019op\u00e8re&nbsp;; quitte \u00e0 me d\u00e9partir du protocole.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, on sait que c\u2019est le savoir faire fond\u00e9 sur l\u2019exp\u00e9rience qui se d\u00e9tache du protocole qui nous permet d\u2019obtenir une qualit\u00e9 de soins. Ce savoir faire est bien sup\u00e9rieure au protocole protocole.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9marche qualit\u00e9 vise en fait \u00e0 v\u00e9rifier la qualit\u00e9 du suivi des protocoles et non la qualit\u00e9 des soins que re\u00e7oit le patient.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, lorsque l\u2019on va identifier un risque, on va \u00e9laborer un protocole cens\u00e9 r\u00e9duire ce risque. Souvent, ce protocole va \u00eatre en contradiction avec la clinique mise en \u0153uvre jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Mais la logique du protocole doit primer sur la clinique. Cela vient donc entraver le soin.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but c\u2019est \u00e0 la marge, on s\u2019y r\u00e9signe, consid\u00e9rant que ce n\u2019est pas fondamental. Mais cette d\u00e9marche est fond\u00e9e sur le risque z\u00e9ro qui n\u2019est jamais atteignable. Cela ne suffit jamais. Il reste toujours du danger potentiel qui vient nourrir le sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et amener \u00e0 renforcer le protocole dans le sens s\u00e9curitaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Prenons par exemple le probl\u00e8me des crises d\u2019agitation.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour y faire face on augmente consid\u00e9rablement le recours \u00e0 l\u2019enfermement et \u00e0 la contention. Ce qui am\u00e8ne \u00e0 augmenter le nombre de chambres d\u2019isolement.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais \u00e7a ne suffit pas. On va parfois ajouter des cam\u00e9ras.<\/p>\n\n\n\n<p>Et \u00e7a ne suffit encore pas. On va consid\u00e9rer qu\u2019il faut augmenter le nombre d\u2019UMD.<\/p>\n\n\n\n<p>Et \u00e7a ne suffit toujours pas. On va cr\u00e9er des UPID et des USIP.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais \u00e7a ne suffira jamais&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Or, au fur et \u00e0 mesure que l\u2019on int\u00e8gre ces protocoles on s\u2019\u00e9loigne de la logique clinique au profit de la logique s\u00e9curitaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Et finalement cela emp\u00eache le soin. C\u2019est un ass\u00e8chement du soin&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs, j\u2019ai parl\u00e9 de crise d\u2019agitation. Aujourd\u2019hui on ne parle plus d\u2019agitation, mais de violence. Ce qui n\u2019est absolument pas la m\u00eame chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, on le voit le patient est de plus en plus r\u00e9ifi\u00e9. Sa subjectivit\u00e9 est ni\u00e9e parce qu\u2019il est rabattu \u00e0 son sympt\u00f4me. Mais les soignants aussi sont r\u00e9ifi\u00e9s, puisque eux aussi ne sont plus que les op\u00e9rateurs du protocole et n\u2019ont plus \u00e0 s\u2019interroger sur le sens de ce qu\u2019ils font. Je dirai m\u00eame qu\u2019il leur est interdit de s\u2019interroger, puisque s\u2019ils le faisaient, cela les am\u00e8nerait \u00e0 se d\u00e9faire de ces protocoles.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout cela montre qu\u2019il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi n\u00e9cessaire d\u2019avoir une d\u00e9marche \u00e9thique pour pr\u00e9server et d\u00e9velopper la place de l\u2019humain dans tous les champs de la soci\u00e9t\u00e9 et particuli\u00e8rement ceux de la sant\u00e9 et plus pr\u00e9cis\u00e9ment celui de la psychiatrie et la sant\u00e9 psychique.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9thique est une r\u00e9flexion sur notre pratique. C\u2019est une d\u00e9marche \u00e0 la fois individuelle et collective. Elle interroge mon action. Mon action au sein d\u2019un groupe ayant le m\u00eame objet &#8211; en l\u2019occurrence c\u2019est le soin &#8211; et l\u2019action du groupe.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9thique en soi ne veut rien dire. Le bourreau aussi peut \u00eatre \u00e9thique.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame les nazis ont d\u00e9velopp\u00e9 une \u00e9thique des einsatzgruppen sur le front de l\u2019Est. Ils \u00e9taient recrut\u00e9s pour leur capacit\u00e9 \u00e0 ob\u00e9ir froidement et ne devaient pas \u00eatre aveugl\u00e9s par la haine des juifs et des sous hommes slaves. Il leur \u00e9tait interdit de faire preuve de cruaut\u00e9 excessive. Non par humanisme, mais parce qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une action industrielle, syst\u00e9matique qui ne supportait pas que les op\u00e9rateurs s\u2019interrogent d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre sur ce qu\u2019ils faisaient. C\u2019est d\u2019ailleurs ce qu\u2019a d\u00e9velopp\u00e9 Eichman lors de son proc\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>On voit l\u00e0 o\u00f9 peut mener l\u2019\u00e9thique dans un syst\u00e8me r\u00e9ifiant pouss\u00e9 \u00e0 son extr\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Donc avant de vouloir savoir si notre action est \u00e9thique, posons nous d\u2019abord la question de l\u2019objet et du sens de notre mission. Notre mission est-elle de normaliser les populations et les comportements en traitants les sympt\u00f4mes qu\u2019il faut \u00e9radiquer ou est-il avant tout de soigner des Sujets en souffrance&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame la politique de Secteur est souvent r\u00e9duite \u00e0 sa dimension de quadrillage des populations et comme disait Lucien Bonnaf\u00e9 de carte Michelin. Ce qui, avant tout accueil se r\u00e9duit \u00e0 une question, habite-il bien dans mon Secteur, ou pas&nbsp;? S\u2019il n\u2019habite pas mon Secteur, je ne vais pas l\u2019accueillir en lui donnant simplement l\u2019adresse du secteur dont il d\u00e9pend. Ce qui administrativement est tout \u00e0 fait justifi\u00e9. Mais \u00e9thiquement&nbsp;? C\u2019est en tout cas ce questionnement \u00e9thique qui m\u2019a guid\u00e9 lors de la cr\u00e9ation de \u00ab&nbsp;L\u2019Espace ados 9\/10&nbsp;\u00bb, en accord avec le Dr Ren\u00e9 B\u00e9routi, puis le Dr Dominique Brengard, chefs de service du 3<sup>\u00e8me<\/sup> secteur de psychiatrie infanto juv\u00e9nile de Paris. Nous avons pris l\u2019option d\u2019y accueillir tous les ados qui s\u2019y pr\u00e9senteraient et ensuite si n\u00e9cessaire de les accompagner vers leur Secteur de r\u00e9f\u00e9rence. Ca change tout&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Le secteur c\u2019est avant tout l\u2019articulation entre deux principes philosophiques, la continuit\u00e9 des soins et la proximit\u00e9. Ce qui permet d\u2019articuler ces deux principes c\u2019est la clinique du lien.<\/p>\n\n\n\n<p>En fonction de la mani\u00e8re dont nous allons nous situer entre traiter un sympt\u00f4me ou soigner un sujet, la conception que nous allons avoir de nos actes, et surtout la mani\u00e8re dont ils vont nous affecter ou pas va \u00eatre radicalement diff\u00e9rente. Cela va m\u00eame modifier la nature de ce qui va nous affecter.<\/p>\n\n\n\n<p>Reprenons l\u2019exemple de la crise d\u2019agitation.<\/p>\n\n\n\n<p>Si je me situe dans la normalisation des comportements, la pacification des services, je serais centr\u00e9 sur la violence.<\/p>\n\n\n\n<p>Si lorsque j\u2019interviens le patient ne se calme pas imm\u00e9diatement, je vais \u00eatre amen\u00e9 \u00e0 g\u00e8rer la violence. Je suis imm\u00e9diatement centr\u00e9 sur la violence. Violence dont je suis puis \u00eatre potentiellement victime. Je vais donc me d\u00e9fendre en \u00e9tablissant un rapport de force qui me sera favorable. Je vais \u00ab&nbsp;arracher&nbsp;\u00bb tr\u00e8s vite mon PTI<a href=\"http:\/\/le-point-de-capiton.net\/actu\/wp-admin\/post-new.php?post_type=page#_ftn1\">[1]<\/a> pour appeler le \u00ab&nbsp;renfort&nbsp;\u00bb et emmener le patient en chambre d\u2019isolement.<\/p>\n\n\n\n<p>Si cette intervention s\u2019est faite sans dommage parmi les soignants, nous aurons \u00e9t\u00e9 efficaces et auront correctement fait notre travail. Si quelqu\u2019un a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 ou insult\u00e9, nous aurons \u00e9t\u00e9 victimes de l\u2019agression du patient. Ce qui justifiera le maintien en isolement, voir la mise sous contention. Donc ce qui va m\u2019affecter c\u2019est le sentiment d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 victime d\u2019une agression. Cela se traduira d\u2019ailleurs fr\u00e9quemment par un \u00ab&nbsp;fiche d\u2019\u00e9v\u00e8nement ind\u00e9sirable&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Si je me situe dans le souci de soigner le Sujet, je n\u2019aurai pas la m\u00eame lecture, ni le m\u00eame v\u00e9cu. Si je n\u2019arrive pas \u00e0 apaiser le patient et suis amen\u00e9 \u00e0 \u00ab&nbsp;arracher&nbsp;\u00bb, ce qui va me pr\u00e9occuper c\u2019est ma responsabilit\u00e9 en tant que soignant de n\u2019avoir pas su intervenir en amont pour contenir et apaiser psychiquement l\u2019angoisse du patient. Sachant que ma capacit\u00e9 \u00e0 contenir psychiquement ce patient, sera fonction de la qualit\u00e9 du lien transf\u00e9rentiel que moi j\u2019aurai tiss\u00e9 avec lui. C\u2019est pourquoi il est primordial de profiter des petits moments lorsqu\u2019on le croise dans le couloir pour lui glisser un petit mot. Ne serait-ce qu\u2019un bonjour, accompagner de l\u2019esquisse d\u2019un sourire.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais m\u00eame l\u2019arriv\u00e9e du renfort doit avant tout avoir une fonction contenante de l\u2019angoisse. Cela doit avant tout permettre d\u2019apaiser le patient. Lui permettre de se poser, sans forc\u00e9ment avoir recours \u00e0 la chambre d\u2019isolement. Ce qui de tous temps a pos\u00e9 probl\u00e8me et cr\u00e9\u00e9 des disputes entres infirmiers. Puisque pour certains, si on appelle le renfort, ce n\u2019est plus pour discuter c\u2019est pour le \u00ab&nbsp;boucler&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Et, si malgr\u00e9 tout, il faut en passer par la chambre d\u2019isolement, je vais agir pour le sortir le plus rapidement possible. Pour cela je vais aller le voir fr\u00e9quemment pour refaire du lien transf\u00e9rentiel.<\/p>\n\n\n\n<p>Si dans cette s\u00e9quence quelqu\u2019un est bless\u00e9, cela va me toucher d\u2019autant plus que je sais que c\u2019est de ma responsabilit\u00e9. Si j\u2019\u00e9tais intervenu plus t\u00f4t, quand il \u00e9tait encore temps, cela ne serait pas arriv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette d\u00e9marche, il ne s\u2019agit pas de nier le danger, mais de le resituer dans son contexte.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui on focalise sur la violence et sa gestion. Quand j\u2019\u00e9tais \u00e9l\u00e8ve infirmier, on ne m\u2019a jamais parl\u00e9 de violence. On m\u2019a parl\u00e9 de \u00ab&nbsp;crise d\u2019agitation&nbsp;\u00bb, sympt\u00f4me de l\u2019angoisse du psychotique.<\/p>\n\n\n\n<p>Crise d\u2019agitation que j\u2019avais \u00e0 pr\u00e9venir en allant au devant du patient qui \u00ab&nbsp;monte&nbsp;\u00bb pour l\u2019apaiser. Et on m\u2019a appris et dit que \u00ab&nbsp;si t\u2019attends trop longtemps, il y aura de fortes chances que tu te prennes une baffe. Mais ce sera de ta responsabilit\u00e9. A toi de savoir \u00eatre suffisamment contenant pour que cela n\u2019arrive pas. C\u2019est \u00e7a le boulot d\u2019infirmier en psychiatrie&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Alors on va me dire \u00ab&nbsp;oui, mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque vous \u00e9tiez plus nombreux&nbsp;\u00bb Eh bien non, pas forc\u00e9ment&nbsp;! Quand j\u2019\u00e9tais infirmier \u00e0 Maison Blanche, dans les ann\u00e9es 80, nous \u00e9tions 16 infirmiers de jour pour 50 patients. Aujourd\u2019hui \u00e0 Ville Evrard l\u2019UHTP<a href=\"http:\/\/le-point-de-capiton.net\/actu\/wp-admin\/post-new.php?post_type=page#_ftn2\">[2]<\/a> de mon Service compte 13 IDE et 4 AS pour 27 patients. Le nombre d\u2019ASH \u00e9tait le m\u00eame. A Ville evrard comme \u00e0 Maison Blanche il y a une \u00e9quipe sp\u00e9cifique de nuit. Et auparavant \u00e0 Sarreguemines lors de mes \u00e9tudes d\u2019infirmier, je ne me souviens plus du nombre exact d\u2019infirmiers, nous devions \u00eatre un peut moins de 20 ISP, pour les trois \u00e9quipes, sans ASH, puisque c\u2019\u00e9tait encore le cadre unique et le m\u00e9nage, comme les toilettes \u00e9tait effectu\u00e9 par les infirmiers.<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre nous avions plus de temps pour nous occuper des patients, puisque nous n\u2019\u00e9tions pas accapar\u00e9s par toutes ces tra\u00e7abilit\u00e9s qui embolisent tellement le temps soignant.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais comme je le disais, la d\u00e9marche qualit\u00e9 consid\u00e8re qu\u2019il est plus important de tracer des actions que l\u2019on fait mal que de prendre le temps de bien faire les choses, quitte \u00e0 ne pas avoir le temps de tout tracer.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui a pour effet de laisser croire que le r\u00e8glement est plus important que le cadre th\u00e9rapeutique. Le r\u00e8glement c\u2019est le r\u00e8glement&nbsp;! Chacun doit s\u2019y plier et nous sommes l\u00e0 pour le faire respecter. Du coup on croit que le cadre c\u2019est le r\u00e8glement.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, le cadre doit permettre de prendre en charge le patient et n\u00e9cessite si n\u00e9cessaire d\u2019\u00eatre adapt\u00e9 au moment psychopathologique de chaque patient.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es notre ami Jean Claude P\u00e9nochet, alors Pr\u00e9sident du SPH a d\u00e9clar\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Quand une \u00e9quipe a peur il est certains que le m\u00e9decin va prescrire des contentions.&nbsp;\u00bb Ajoutant \u00ab&nbsp;la contention est un indicateur de la bonne ou de la mauvaise sant\u00e9 de la psychiatrie. Plus la psychiatrie va mal, plus la contention sera utilis\u00e9e.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, la psychiatrie va tr\u00e8s mal&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, l\u2019\u00e9thique, telle que je l\u2019ai d\u00e9velopp\u00e9e peut permettre d\u2019inverser la tendance pour retrouver le chemin permettant d\u2019inventer une psychiatrie humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Parce que, au contraire des \u00ab&nbsp;bonnes pratiques&nbsp;\u00bb protocolis\u00e9es, mod\u00e9lis\u00e9es, r\u00e9ifiantes, l\u2019\u00e9thique est une base indispensable &#8211; mais pas suffisante&nbsp;! &#8211; de la construction d\u2019une psychiatrie humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Pas suffisante, parce que justement ce n\u2019est pas automatique\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 ce que nous annonce mensong\u00e8rement la d\u00e9marche qualit\u00e9, la r\u00e9flexion \u00e9thique ne nous garanti pas de trouver une solution acceptable. J\u2019ai bien plus souvent le sentiment d\u2019\u00eatre nul que de faire ce qu\u2019il faut. Mais je continue \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir et \u00e0 chercher pour y tendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Mettre en \u0153uvre une clinique fond\u00e9e sur l\u2019\u00e9thique du soin, suppose avant tout et ce n\u2019est pas rien par les temps qui courent, un engagement personnel et une confrontation de mon engagement au collectif.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, comme m\u2019a permit de le conceptualiser mon autre ami Herv\u00e9 Bokobza, cet engagement doit \u00eatre temp\u00e9r\u00e9 par le doute et stimul\u00e9 par la prise de risque.<\/p>\n\n\n\n<p>Si je n\u2019ose pas prendre de risque je vais \u00eatre t\u00e9tanis\u00e9. Je ne pourrais rien inventer. On sera dans la reproduction de l\u2019immobilisme th\u00e9rapeutique. C\u2019est d\u2019ailleurs ce qu\u2019induit la protocolisation de nos actes.<\/p>\n\n\n\n<p>A contrario, si je ne doute pas et pense que ce que je fais est toujours la bonne attitude pour le patient, je vais \u00eatre dans la toute puissance. Le patient sera mon objet d\u2019exp\u00e9rience, comme un rat de laboratoire. Si \u00e7a marche, je serai g\u00e9nial, si j\u2019\u00e9choue, ce ne sera qu\u2019une exp\u00e9rience qui aura \u00e9chou\u00e9. Ce que repr\u00e9sente si bien le Dr House de la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e. Il est devenu un mod\u00e8le de cette m\u00e9decine r\u00e9ifiante ou le patient dispara\u00eet derri\u00e8re le traitement d\u2019une symptomatologie atypique.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en fait cette fameuse formule \u00ab&nbsp;b\u00e9n\u00e9fice risque&nbsp;\u00bb. Mais o\u00f9 justement il ne s\u2019agit pas d\u2019\u00e9vacuer le risque ou de le faire supporter par le patient qui en acceptant est cens\u00e9 choisir l\u2019option th\u00e9rapeutique, alors qu\u2019il n\u2019en a pas la comp\u00e9tence. Mais bien d\u2019assumer la prise de risque en faisant tout pour que celle-ci soit la plus limit\u00e9e possible.<\/p>\n\n\n\n<p>Afin d\u2019\u00eatre bien compris jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent j\u2019ai surtout insist\u00e9 sur des situations critiques. Mais pour moi l\u2019\u00e9thique ne se limite pas aux situations limites. Ce n\u2019est pas qu\u2019un garde-fou. Elle doit nous amener \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur tout ce que nous faisons.<\/p>\n\n\n\n<p>Par exemple dans l\u2019UHTP de mon service depuis 2 ans les soignants ont recommenc\u00e9 \u00e0 faire des sortie avec les patients, \u00e7a peut-\u00eatre des sorties, cin\u00e9ma, bowling, au march\u00e9 de Chelles, au ch\u00e2teau de Champ sur Marne, etc\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s bien, par rapport \u00e0 ces services o\u00f9 il ne se passe plus rien, dans le quotidien du patient hospitalis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour cela en g\u00e9n\u00e9ral, ce sont 2 soignants qui se proposent d\u2019organiser une sortie. Ils vont commencer \u00e0 d\u00e9finir o\u00f9 ils vont aller. Ce que je nomme le \u00ab&nbsp;quoi&nbsp;\u00bb. Puis ils vont les jours pr\u00e9c\u00e9dent la sortie choisir les patients susceptibles d\u2019y participer. Ce que j\u2019appelle le \u00ab&nbsp;qui&nbsp;\u00bb. Et parfois, lorsqu\u2019il est difficile de trouver les indications m\u00e9dicales, permettant de maintenir la sortie, ils vont expliquer leur choix en argumentant le choix des patients par des indications th\u00e9rapeutiques. Ce que j\u2019appelle le \u00ab&nbsp;pourquoi&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, \u00e0 mon sens cette question du \u00ab&nbsp;quoi&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;qui&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;pourquoi&nbsp;\u00bb n\u2019est pas neutre et l\u2019\u00e9thique doit nous permettre de remettre ces questions dans le bon ordre.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas la m\u00eame chose de partir du fait qu\u2019on va faire une sortie au bowling, et \u00e0 partir de l\u00e0 de voir qui, parmi les patients hospitalis\u00e9s \u00e0 ce moment, est susceptible de pouvoir y participer, que de partir du fait qu\u2019on va faire une sortie avec Mr ou Mme Machin. M\u00eame si c\u2019est au bowling. Parce que si on part de Mr Machin se pose d\u2019embl\u00e9e la question de ce qu\u2019on cherche \u00e0 travailler sur le plan du lien transf\u00e9rentiel.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9 on va consid\u00e9rer que ce qui est th\u00e9rapeutique &#8211; puisqu\u2019il s\u2019agit forc\u00e9ment de sorties th\u00e9rapeutiques &#8211; c\u2019est le bowling, ou la sortie en soi. Et que les patients comme les soignants sont interchangeables. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9 on va consid\u00e9rer que la sortie n\u2019est qu\u2019un pr\u00e9texte. Ce qu\u2019on nomme aussi une m\u00e9diation th\u00e9rapeutique. Et que ce qui compte c\u2019est la qualit\u00e9 du lien relationnel que j\u2019\u00e9tabli avec le patient. Ce qu\u2019on nomme aussi le transfert.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour poser autrement la question \u00e9thique.<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce que cette sortie je ne la fait que pour mon plaisir, ou pour justifier que je suis un bon soignant&nbsp;? Ou est-ce que je fais cette sortie, parce que je consid\u00e8re que cliniquement elle est essentielle&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui n\u2019emp\u00eache absolument pas de se faire plaisir. Au contraire, mon exp\u00e9rience m\u2019a prouv\u00e9 que dans ces cas, mon plaisir \u00e9tait bien plus intense, puisqu\u2019au plaisir de la sortie en soi s\u2019est ajout\u00e9 celui de l\u2019\u00e9change interhumain.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce type de clinique n\u00e9cessite imp\u00e9rativement des soignants qu\u2019ils se sentent en s\u00e9curit\u00e9 pour qu\u2019ils puissent s\u2019engager dans une recherche permanente de l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de leurs prises en charge.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui suppose que l\u2019on en finisse avec la d\u00e9marche qualit\u00e9 fond\u00e9e sur le s\u00e9curitaire et que l\u2019on supprime la Haute Autorit\u00e9 de Sant\u00e9 qui n\u2019a pas d\u2019autre vocation que de d\u00e9velopper cela.<\/p>\n\n\n\n<p>Je disais pr\u00e9c\u00e9demment que les situations o\u00f9 je me trouve nul et en \u00e9chec, sont certainement bien plus nombreuses que celles o\u00f9 j\u2019ai eu un \u00e9clair de g\u00e9nie, me donnant la solution. La question c\u2019est comment lorsqu\u2019on est dans ce sentiment d\u2019\u00e9chec, ou plut\u00f4t le plus souvent d\u2019impasse, peut-on continuer \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir pour en sortir.<\/p>\n\n\n\n<p>Et l\u00e0 Herv\u00e9 Bokobza, m\u2019a donn\u00e9 un truc. Il m\u2019a dit \u00ab&nbsp;dans ces cas pose toi ces trois questions\/<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019y arrive pas&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Parce que je ne peux pas<\/p>\n\n\n\n<p>Parce que je ne sais pas<\/p>\n\n\n\n<p>Parce que je ne veux pas<\/p>\n\n\n\n<p>Et quelle que soit la r\u00e9ponse, vois comment trouver une solution qui te permette d\u2019avancer vers l\u2019objectif, sans pour autant que ce soit id\u00e9al.&nbsp;\u00bb Il s\u2019agit le plus souvent de trouver un compromis provisoire, en \u00e9vitant absolument la compromission et surtout le renoncement&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Si individuellement et collectivement les soignants se posaient plus souvent ces questions peut-\u00eatre que nous retrouverions un peu plus de sens. Peut-\u00eatre \u00e9viterions-nous certaines situations difficiles. Et par l\u00e0, peut-\u00eatre commencerions-nous d\u00e9j\u00e0 \u00e0 inventer et mettre en \u0153uvre la psychiatrie humaine de demain.<\/p>\n\n\n\n<p>Si par exemple apr\u00e8s chaque mise en isolement et en contention &#8211; qui je le rappelle ne sont admises qu\u2019en tout dernier recours &#8211; on se posait la question pourquoi n\u2019avons-nous pas pu faire autrement&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce parce que nous ne pouvions pas&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Parce que nous ne voulions pas&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Parce que nous ne savions pas&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Je gage que cela serait bien plus efficace que tous les registres pour r\u00e9duire \u00e0 terme le recours \u00e0 ces extr\u00e9mit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pourquoi ne nous posons nous pas cette question&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce parce que nous ne pouvons pas&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce parce que nous ne savons pas&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ou est-ce parce que nous ne voulons pas&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Je laisse chacun d\u2019entre nous y r\u00e9pondre en son fort int\u00e9rieur et avec son \u00e9quipe\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/le-point-de-capiton.net\/actu\/wp-admin\/post-new.php?post_type=page#_ftnref1\">[1]<\/a> PTI&nbsp;: Protection du Travailleur Isol\u00e9, dispositif que portent la plupart des soignants (parfois obligatoire&nbsp;!) de la taille d\u2019un portable, dot\u00e9 d\u2019une goupille qui si elle est d\u00e9clench\u00e9e va&nbsp; alerter toutes les personnes portant ce dispositif.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/le-point-de-capiton.net\/actu\/wp-admin\/post-new.php?post_type=page#_ftnref2\">[2]<\/a> UHTP&nbsp;: Unit\u00e9 d\u2019Hospitalisation Temps Plein&nbsp;; IDE&nbsp;: Infirmier(e) Diplom\u00e9(e) d\u2019Etat&nbsp;; AS&nbsp;: Aide Soignants&nbsp;; ASH&nbsp;: Agent des Services Hospitaliers, charg\u00e9s du m\u00e9nage&nbsp;;ISP&nbsp;: Infirmier de Secteur Psychiatrique<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9thique&nbsp;: un levier pour r\u00e9inventer une psychiatrie humaine&nbsp;! En pr\u00e9ambule je voudrais remercier les organisateurs de m\u2019avoir invit\u00e9 et rappeler que vu le temps qui m\u2019est donn\u00e9, je vais forc\u00e9ment &#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18,17,9],"tags":[],"class_list":["post-1600","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-de-presse","category-textes","category-psychiatrie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/le-point-de-capiton.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1600","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/le-point-de-capiton.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/le-point-de-capiton.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/le-point-de-capiton.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/le-point-de-capiton.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1600"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/le-point-de-capiton.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1600\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1602,"href":"https:\/\/le-point-de-capiton.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1600\/revisions\/1602"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/le-point-de-capiton.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1600"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/le-point-de-capiton.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1600"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/le-point-de-capiton.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1600"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}