Ce livre a fait l’objet d’un groupe de travail au sein du Point de Capiton.

Collection Aubier/Psychanalyse
Aubier, Paris  1997   ISBN 2-7007-2195-0

Le sujet en proie à la haine est celui qui, dévoré par l’horreur que l’autre fait naître en lui, s’acharne à détruire cette cause supposée de son indignité. Fanatisé par cette idée obsédante, il ne cesse de susciter puis de traquer cet obscur objet de sa rage désespérée pour mieux le détruire, pour mieux se détruire aussi.
Mais si, comme l’aurait dit Empédocle, « la genèse commence quand la haine s’accomplit », ici nulle genèse, nul accès à la création ne semble être envisageable ni même pensable.
Celui qui est possédé par la haine semble se dissoudre dans l’acte même de l’exécration qui le pousse à vouloir éradiquer l’autre. Cette haine le dévore, abîme son espace à tel point que, cessant de frayer avec l’étranger pour ne plus aimer que son semblable, il en arrive de proche en proche à détester ensuite ses cousins, ses frères, ses enfants et disparaît dans la vague de haine qui va submerger jusqu’à son image.
Psychanalyste, Jacques Hassoun a notamment écrit Les Indes occidentales (Editions de l’Eclat, 1987), Les Passions intraitables (Aubier, 1989 et 1993), L’Exil de la langue, Fragments de langue maternelle (Point hors Ligne, 1993), Les contrebandiers de la mémoire (Syros, 1994) et La Cruauté mélancolique (Aubier, 1995)